Interview de Pierre-Olivier Gasser, PDG de HK Courses

Publié le par I-L KELANI

Transport-Linker (TL) a interviewé Pierre-Olivier Gasser, PDG de la société HK Coursess, spécialisée dans le transport urgent.

 




Fiche signalétique de l'entreprise :

-       Entreprise spécialisée dans le transport urgent (75% du CA) créée il y a 15 ans,

-       CA de 13 M€,

-       Dispose de 8 agences en France,

-       Environ 40 salariés par agence, dont 35 artisans indépendants,

-       Présent sur les secteurs de l’industrie classique et des laboratoires pharmaceutiques,

-       Site internet : http://www.hkcourses.fr/.


Les points forts : 

        -       Implantation (réseau) nationale,
        -       Respect des engagements,
        -       Anticipation des retards,
        -       Suivi des livraisons (les clients sont informés par mail ou par fax à chaque étape du process,
        -       Qualité de la relation client.

 

 



L'interview de HK Courses


TL : Quel est votre positionnement sur le marché de la course ?

POG : HK Courses ne propose pas de service de courses urbaines. En revanche, nous avons un service de courses régionales et nous intervenons aussi sur les courses nationales et internationales.



TL : Intervenez-vous sur le secteur automobile ?

POG : L’automobile est un secteur historique de la course, il excite tout le monde. Nous on n’est pas dessus car c’est trop concurrentiel. Il n’y a pas assez de marge.  On intervient auprès de l’industrie classique et des laboratoires pharmaceutiques. Une grande partie des clients de HK Courses sont des responsables de SAV de l’industrie.

 

 

TL : Etes vous positionnés sur la logistique de proximité ?

POG : La logistique est un terme à la mode derrière lequel on met tout et n’importe quoi.

La course c’est prendre 1 colis d’un point A pour aller à un point B.

Le fait de proposer des stocks tampons, cela existe depuis 15 ans. Il faut s’intégrer avec le système d’information du client et livrer de temps en temps des colis. Mais bien souvent, une activité de course classique est trop chère pour cette activité de transport. On est plus proche des prix de l’express. La logistique de proximité comme le propose Colitel par exemple ne génère pas une activité de course à marge intéressante, on est sur du transport régulier.

C’est la même chose pour le e-commerce. On n’arrive pas à se placer, on est trop cher.


TL : Comment vous positionnez vous à l’international ?

POG : Nos partenaires à l’étranger sont devenus nos concurrents. On a donc cherché des artisans de plus petites tailles.

 

 

TL : Comment percevez-vous l’évolution du marché de la course en France et notamment  le  « oneway »* ?
(* le oneway consiste à ne plus facturer dans le cadre d'une course dédiée l’aller et le retour mais uniquement l’aller. Cela oblige donc le coursier à trouver une course pour le retour)

POG : Pendant des années en France, on a facturé l’Aller Retour  alors que tous les confrères européens facturent le « one way ».

Cela a commencé par les allemands, maintenant tous les européens le font sauf les français.

Le « one way » est donc en train de se développer en France. Pour le client, cela représente une baisse des prix de 30%.

Le « one way » est l’enjeu des années à venir.

Les artisans français de transport ne sont pas tous prêts à évoluer dans ce sens. En effet, pour un coursier, cette évolution nécessite parfois qu’il attende 4 ou 5 heures avant de pouvoir reprendre une autre course. Un nombre important d’artisans français coursiers vont disparaître aux dépens d’artisans étrangers qui ont déjà l’habitude de travailler comme cela.

Pour s’adapter au « one way », on ne peut pas s’appuyer sur un outil comme téléroute. Bien souvent ce n’est pas les mêmes véhicules. Chacun met donc en place sa propre base de données.

Une autre solution pour s’adapter au « one way » c’est la recherche de  volume. Plus vous avez de volume, plus il est possible de s’organiser

 

 

TL : Que pensez-vous des expressistes ?

POG : C’est des concurrents. Ils ont une cellule course. Pour faire de la marge, ils sont obligés de s’appuyer sur un réseau d’artisans indépendants comme nous. A l’inverse, certains de nos clients connaissent le petit coursier prêt de leur site d’expédition qui est aussi notre artisan. Ils le contactent donc en premier puis ils nous contactent. On est donc obligé de trouver une autre solution.

Avec les transporteurs express, c’est pareil, quand ils nous contactent, bien souvent c’est qu’ils n’ont pas trouvé de solution avec leur réseau d’indépendants.


Dans le prochain article, TL publiera une interview de François-Xavier Decourt, gérant de Vatry Logistiques Services (VLS).
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