Interview de Philippe Higelin, PDG de Flash Europe

Publié le par I-L KELANI

Transport-Linker (TL) a interviewé Philippe Higelin, PDG de la société Flash Europe, spécialisée dans le transport urgent.

 




Fiche signalétique de l'entreprise
:

-       Groupe spécialisé dans le transport urgent et dédié (door to door),

-       CA 2008 : 90 M€,

-       300 collaborateurs,

-       Réseau de 4 000 véhicules en Europe,

-       Propose une solution mondiale et multimodale à destination ou au départ des 11 pays où ils sont présents (propose de l’avion et du dédouanement),

-       250 000 expéditions / an,

-       Leader de par la taille en Europe et en France (n’est pas le leader dans chaque pays d’Europe où il est présent),

-       11 pays où il est présent : Maroc, Portugal, Tunisie, France, Luxembourg, Belgique, Allemagne, Pologne, Slovaquie, Hongrie et Roumanie,

-       Présent sur le secteur industriel (78% du CA dans l’industrie automobile), de la santé (établissement français du sang, CHU, Novartis, Pasteur) et sur le secteur tertiaires (banques, compagnies d’assurances, etc.),

-       Site internet : http://www.flash-europe.com/.

 

Flash Europe s’est développé à l’international en suivant ses clients, notamment sur le secteur automobile. Le groupe s’est progressivement étendu dans les pays low cost : Maghreb puis l’est de l’Europe. Flash Europe effectue 3 types de prestations/courses:

 

-       le plus rapide possible (dans la mesure de la législation),

-       collecte et/ou livraison sur rendez-vous,

-       réalisation de tournées régulières.


Les points forts : 

-       Global player,

-       Certification des agences,

-       Flexibilité en fonction de la demande,

-       La diversité des véhicules qui  vont du VL au poids lourd.


Les critères de choix des clients

-       Compétitivité/prix,

-       Savoir faire large (du petit véhicule au semi),

-       Vision consolidée sur le budget Urgence.





L'interview de Flash Europe


TL : Quel est le profil de vos clients ?

PH : Plutôt des grands comptes qui demandent un seul interlocuteur capable de tout faire sur tous ses sites.
Il est possible de les segmenter selon la taille de la couverture géographique du client :

-    Les clients européens : Il s ‘agit de clients qui souhaitent un interlocuteur avec une organisation européenne et une action locale. La négociation  se fait avec la centrale et l’intervention en locale,
-    Les clients couvrant une partie de l’Europe ou des subdivisions de clients qui couvrent l’Europe,
-    Les clients nationaux,
-    Le site industriel (pour certains groupes, la course est décentralisée au niveau de l’usine).

Le client est majoritairement l’expéditeur. Les plus importants sont les équipementiers. Il y a aussi les constructeurs qui sont destinataires.

Pour être référencé chez un grand groupe, il faut être en mesure de pouvoir faire un enlèvement chez tous les fournisseurs et livrer chez tous les expéditeurs.


TL : Comment vous positionnez vous par rapport aux expressistes et notamment les intégrateurs ?

PH : Tous les intégrateurs proposent ce service, par contre, ils le sous-traitent. Cela représente une petite partie du CA : en France si on supprime la sous-traitance en cascade on arrive à un marché de 300 millions d’€. Même en ayant une part de marché significative cela demeurera une niche pour le transport express.
FlashEurope n’est pas un sous-traitant des intégrateurs.
La course ce n’est pas le cœur de métier des expressistes. Certaines agences d’expressistes ont pu développer un fort savoir-faire dans le domaine suite à la proximité d’un gros client historique à proximité de l’agence, mais il y a rarement une offre homogène sur tout le réseau de l’expressiste.
La course n’est pas compatible avec une grande organisation.
C’est la même différence qu’entre le prêt-à-porter qui serait l’express et la haute couture qui serait la course.
La course demeurera un métier de petits acteurs comparés à la taille des expressistes.


TL : Etes vous positionnés sur la logistique de proximité ?

PH : La logistique de proximité peut être perçue comme un moyen de fidéliser le client. Flasheurope ne le propose pas, cela ne nous empêche pas de récupérer les activités de course auprès de nos concurrents qui gèrent la logistique.
FlashEurope développe plutôt des services annexes et notamment dans le tertiaire en proposant des navettes dédiées aux banques et aux administrations. Notre principal concurrent sur ce segment est TCS. Mais dans l’Est de la France, TCS a du mal à leur prendre des parts de marché.


TL : Proposez-vous une solution de tracking ?

PH : Il est important à partir du moment où il y a un dysfonctionnement. Nos véhicules sont tous tracés mais ce n’est pas important. Le taux d’anomalie est de 1 tous les 200 transports.


TL : A combien évaluez vous le marché ?

PH : Le marché en France est estimé entre 200 et 300 millions d’€.
La France peut être évaluée à 1/5 de l’Europe soit de 1 milliard pour l’Europe sur la base des 11 pays où est présent Flasheurope.

Flasheurope aurait donc 10% du marché. Flasheurope estime détenir 50% du marché sur les grands groupes.  Les grands comptes quant à eux représenteraient 1/3 à ¼ du marché. Enfin, Flasheurope n’a pas de PME/PMI ou de clients « BtoC ».


TL : Peut on considérer  le  « oneway »* comme la principale évolution du marché de la course en France ?
(* le oneway consiste à ne plus facturer dans le cadre d'une course dédiée l’aller et le retour mais uniquement l’aller. Cela oblige donc le coursier à trouver une course pour le retour)

PH : Cela fait des années que le oneway existe en Europe de l’Est dont l’Allemagne.
Cela peut représenter une révolution en Europe du Sud et France mais globalement ce n’est pas nouveau.
L’évolution majeure c’est la consolidation du secteur. Le marché est atomisé pour lors. Les plus grosses PME du secteur demeurent de petits fournisseurs à l’échelon des grands groupes. La taille et la qualité financière sont des critères car cela apporte un gage de pérennité. Les grands comptes cherchent donc des prestataires plus gros.

En parallèle, la chaine logistique devient plus complexe et donc les dysfonctionnements sont plus nombreux. Les industriels achètent en Chine, assemble au Maghreb ou pays de l’Est et livre en France.
Il faut donc être en mesure de faire du départ Chine ou Inde, plus globalement être en mesure d’intervenir dans le monde entier.


TL : Quels sont les nouveaux entrants potentiels sur ce marché qui s’organise ?

PH : C’est un métier de PME. Notre préoccupation est de conserver une organisation de PME.
La course commence à attirer les financiers car c’est plus rémunérateur que le transport traditionnel avec peu d’investissement. Peut être qu’un acteur comme Norbert Dentressangle pourrait se positionner.
La course est proche du métier de l’affrètement.  L’une des particularités c’est que l’on a 30 minutes pour proposer une solution et qu’il faut intervenir 7/7 et 24/24.


Dans le prochain article, TL publiera une interview du PDG de HK Courses.

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